Publié le 17 février 2026
Général

De MARIE CHAUCHÉE

La tempête sévit depuis maintenant près de trois semaines sur la Côte Basque. Dans la tourmente, des éclaircies ici et là nous ont permis de profiter de quelques grosses vagues et de quelques sessions de surf engagées pour notre plus grand bonheur. Mais les averses et les rafales de vent incessantes ont fini par avoir raison de la qualité de l’eau et de notre moral, laissant pour seul héritage un océan déchaîné et difficilement surfable.

C’est donc du côté des reliefs que nous trouvons consolation à travers une nouvelle source d’émerveillement. Car les averses de pluie en plaine sont autant de flocons de neige en altitude qui saupoudrent les sommets.

Cela faisait peut-être une dizaine d’années que je ne m’étais pas rendue à Gourette et c’est avec un regard nouveau que je redécouvre la station pyrénéenne blottie dans la vallée d’Ossau. Un flot de souvenirs s’active alors : mes premières classes de neige au primaire et au collège, les pistes dévalées avec mes camarades, les batailles de boules de neige, la féérie de l’hiver en montagne en somme.

Cette fois-ci, c’est accompagnée de mon père, photographe de surf et passionné de montagne, et d’un ami surfeur et snowboardeur, Romain, que je foule de nouveau la neige de la station béarnaise.

Nous sommes accueillis par le soleil dont les rayons révèlent les aspérités et les courbures des reliefs alentours, camouflés de blanc. Les lunettes de soleil 2ndLife nous accompagnent durant ce séjour et c’est à travers leurs verres que nous découvrons la Pène Médaa, la Pène Blanque et le Pic de Ger qui balisent le cirque. Seule l’arête de la Sarrière, aérienne et tranchante, prisée par les grimpeurs l’été, détonne par ses parois sombres. Le cadre est grandiose.

On en profite pour faire quelques photos, admirer le panorama depuis les télésièges et tester quelques paires de lunettes au sommet. Créé dans le Sud-Ouest, l’ADN de 2ndLife fusionne avec celui de Gourette : engagé, authentique et ancré dans le territoire, entre océan et montagnes. La marque française propose des verres polarisés issus de biodéchets et fait l’effort de proposer des montures fabriquées à base de matière recyclée, en veillant à ce que sa production soit la plus locale possible.

On essaie différents modèles en haut des pistes, mais aussi sur les skis, puisque nous passons la journée à explorer le domaine skiable et à naviguer entre le secteur Coch et celui de Pène Blanque. La station s’est modernisée depuis ma dernière venue, puisque deux télécabines ont été construites, tandis qu’il ne persiste plus qu’un seul téléski (pour mon plus grand bonheur).

Une petite pause au Cairn, restaurant d’altitude, nous permet de manger et de recharger les batteries avant le cours de ski de l’après-midi, transmis par Vincent, moniteur de ski Ă  l’ESFmais Ă©galement surfeur invĂ©tĂ©rĂ©.

La journée s’achève aux Chalets Isko, où nous admirons le soleil disparaître derrière les montagnes et laisser derrière lui les souvenirs de cette belle journée. On se croirait dans un pays scandinave : une succession de charmants chalets colorés trônent face aux sommets, offrant la meilleure vue sur la station. L’intérieur des logements est cocooning et réconfortant, à la décoration chaleureuse.

Nous refaisons le film de la journée autour d’une bière, bercés par la chaleur qui émane de la cheminée dans la salle commune.

La soirĂ©e se dĂ©roule ainsi, rythmĂ©e par les anecdotes de voyages et de glisse, inspirĂ©es par les rencontres de la journĂ©e : Philippe, qui nous a fait dĂ©couvrir la station et rencontrer l’équipe de techniciens des remontĂ©es mĂ©caniques qui nous ont fait visiter la gare du tĂ©lĂ©siège ; Florian, qui a organisĂ© le shooting au restaurant ; Marc-AndrĂ©, qui nous a fait dĂ©couvrir la nouvelle collection de lunettes entre deux pistes dĂ©valĂ©es ; Vincent, passionnĂ©, qui nous a donnĂ© le cours de ski et dĂ©nichĂ© quelques couloirs de poudreuse ; Camille, qui nous a accueillis au Chalets d’Iskö

Des personnes passionnées et, par la même occasion, passionnantes, qui savent partager leur amour de la montagne. Car derrière Gourette, derrière la station, ce sont avant tout des femmes et des hommes, et des histoires humaines qui se tissent en silence.

Pour nous, cette excursion a été faite de spontanéité et de rires, beaucoup de rires, et pour cela, nous leur en sommes reconnaissants.

Je jette un dernier regard depuis le balcon vers la montagne éclairée par la pleine lune et par le ballet des dameuses qui inaugurent une longue nuit de préparation des pistes. Le confort de la literie nous fait vite plonger dans un sommeil réparateur.

Le lendemain, j’aperçois la montagne à travers le velux. Un bon petit déjeuner nous prépare à vivre pleinement cette dernière journée, où chutes de neige et éclaircies se relaient au fil des heures. Je suis émerveillée par la valse des flocons qui recouvrent nos vêtements.

Par moments, le temps est blanc et l’on distingue plus difficilement l’aspérité de la piste. L’instinct prend alors le relais, comme lors des sessions de surf au coucher de soleil, lorsque la luminosité baisse peu à peu.

L’océan comme les télésièges se vident, seuls persistent les passionnés, les accros, les irréductibles. Les enfants, les autres skieurs et snowboarders restent dans la partie basse de la station, autour de l’espace découverte ou du snowpark, tandis que, de notre côté, nous nous obstinons à monter à Anglas.

Là-haut, la solitude et la neige fraîche nous accueillent dans le silence. La poudreuse absorbe tous les bruits, efface tous les frottements. Désormais, on ne skie plus, mais on flotte, on vole.

Par moments, la brume réduit les repères, mais augmente les sensations. On ne s’éloigne pas trop des piquets qui balisent la piste, mais on réalise pleinement notre chance. Ce sont de réels moments de grâce suspendus que l’on vit là, entre amis, en famille.

On enchaîne les descentes à en perdre la notion du temps. L’arrêt de la danse des télésièges annonce que la journée touche à sa fin et, avec elle, notre séjour également.

Merci infiniment à l’équipe de Gourette, de 2ndLife et des Chalets Iskö pour cette parenthèse enchantée, au cœur des Pyrénées. En descendant, déjà nostalgiques, un nouveau rendez-vous est lancé : on reviendra cet été découvrir le site en randonnée ou bien, c’est-on jamais, peut-être en VTT !


Gourette